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La Pierre et le Sel
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Le blog d'un passeur de la poésie
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5 février 2026

Un jour, un texte : James Sacré | La nuit pour écrire

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

James Sacré


La nuit pour écrire

La nuit est là comment venue ?
N'a pas couru, elle respire léger ;
On a peur on a plaisir.
Tout l'monde l'attend
Pour s'endormir, ou mieux faire quelque chose.

 

Quelqu'un s'en va retrouver la nuit un vieux chemin qui va jusqu'à l'odeur d'un lavoir abandonné ; du foin pas coupé dans les prés.

Faire l'amour à la nuit devient un grand moment de silence et de noir tranquille dans les arbres.

C'est que la nuit. Mais tant d'espace juste au bord des maisons remplies de lumière et fermées.

J'attends la nuit, mais pas pour oublier, je vais pouvoir penser n'importe comment à tout.

In La petite herbe des mots © Le dé bleu, 1986

 

Contribution de PPierre Kobel

31 mai 2026

Un jour, un texte : Gustave Roud | une tache couleur de ciel

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

Gustave Roud

 

une tache couleur de ciel

 

le bleu profond des corolles en couronne

 

je me penche, tends la main : nul bleuet, mon Dieu, mais les fleurs dont j'ai cherché toute ma vie un reflet dans le regard des hommes… Ah ! les voici retrouvées, ces petites anémones apennines, taches d'azur, jadis, amas d'étoiles hors des feuilles en fouillis léger, dans l'ombre, sous le sorbier de notre jardin, ô mère, sous le sorbier du Jardin.

In Requiem, © Payot, 1967

 

Contribution de PPierre Kobel      

2 juin 2026

Chronique du Marché de la Poésie 2026 | Jour 1

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

Demain commence le 43Marché de la Poésie. Une amie s’étonnait de cette appellation de « marché » pour un domaine si éloigné du mercantile. Mais à parcourir les allées de la manifestation chaque année, place Saint-Sulpice, on sait qu’elle porte bien son nom.

Chaque livre sur les étals est un message, chaque texte est un devenir, un pas en avant. Si les auteurs, parfois, ne sont pas à la hauteur de la poésie qu’ils écrivent, il n’y a rien d’étonnant à cela, car elle nous dépasse et n’est pas contingente de nos travers humains.

Durant cinq jours, le Marché va rassembler les hommes et les mots et souhaitons qu’en cette période d’incertitude et d’inquiétude, leur alliance soit de nouveau un ferment de la résistance nécessaire.

Avec Pierre Dhainaut, qui vient de nous quitter, desserrons nos lèvres.

 

Devant nous s’allongent les ombres, quel sera leur rôle
sinon de prouver que nous en sommes responsables,
nous seulement ? Si les mots avaient eu quelque pouvoir,
le fleuve, en bas, où ne remuent que des reflets de murs,
ils en auraient interrompu le cours,
cette fois, la nuit tombe, et dans la chambre
une fenêtre est restée entrouverte,
l’air qui frôle les doigts n’arrive pas
à les détendre, les corps ne savent plus que faire obstacle,
nous ne nous voyons plus partir à la rencontre.
Quant aux poèmes, ils se remémorent par bribes
ce dont ils ont rêvé : tous disaient l’autre rive,
tous disaient aussi l’enfance éternelle.

 

(extrait) in L’autre nom du vent © L’Herbe qui tremble 2014

 

 

Contribution de PPierre Kobel

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