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La Pierre et le Sel

La Pierre et le Sel
La Pierre et le Sel

Le blog d'un passeur de la poésie
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25 juillet 2026

Un jour, un texte : Chronique sétoise 2026 | Jour 6

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

Clap de fin après ces journées animées. Je mesure l’écart entre les conditions difficiles dans lesquelles s’est tenu ce festival de plus en plus fragile et ce qu’exigerait de reconnaissance et de présence supplémentaires la poésie quand elle parvient toujours à réunir autant de personnes pour l’écouter. Têtes chenues pour beaucoup, j’en conviens, mais qui savent aller à la découverte des voix, des textes.

Dans le contexte politique et social d’aujourd’hui, face aux atteintes subies par la planète du fait de nos actions et de nos ambitions néfastes, les paroles portées ici sont plus que du vent, elles sont le pollen qu’il fait voyager pour fonder de nouveaux espoirs.

 

Chantal Liennel


F.L.E.U.R...

F.L.E.U.R
Pauvre fleur fanée,
si belle,
si rose,
si épanouie.
Pauvre fleur fanée,
épanouie trop vite,
trop touchée,
trop vite cueillie,
fallait la laisser avec les siens.
C’est une fleur si fragile.
Attention à notre culture.
Fragile comme la fleur.
Ensemble, consolidons le lien,
forgeons notre labeur,
gravissons l’échelle.
Ne nous écroulons pas.
Nous ne sommes pas comme des fleurs
qu’on coupe pour en faire
un bouquet harmonieux.
C’est joli à voir, mais…
ça ne dure pas.
F.L.E.U.R
Mais nous…
Nous nous épanouissons
Jusqu’à ce que naissance s’ensuive…

In Voix Vives – Anthologie Sète 2026, © Bruno Doucey, 2026
Poème en langue des signes adapté par l’autrice en français.

Contribution de PPierre Kobel

24 juillet 2026

Un jour, un texte : Chronique sétoise 2026 | Jour 5

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

Dans une manifestation comme ce festival Voix Vives, on se retrouve en pays de connaissance et nombre de poètes invités me sont familiers. Pour d’autres je les ai lus peu ou prou et parfois déjà mis en ligne dans ce blog. Mais, au moment d’établir le programme des rencontres auxquelles j’ai envie d’assister, il m’arrive de cocher des noms sur la seule intuition que je vais faire une nouvelle découverte enrichissante.

Dans une petite rue, je m’installe pour écouter Jean-Yves Tayac, poète en voisin, puisqu’il séjourne périodiquement à Sète quand il ne réside pas dans sa ville natale de Rodez. De Rodez à Sète, il ne pouvait manquer de rencontrer celui qui fit le même trajet durant sa longue existence, je veux parler de Pierre Soulages qui disait de sa propriété sétoise qu’il n’avait pas acheté la maison, mais l’horizon. Jean-Yves Tayac a noué avec le peintre une relation quelque peu filiale durant de longues années, jusqu’à la disparition de ce dernier en 2022. Mais le parcours du poète ne se résume pas à cette amitié. Parcours rare qui passe entre autres par des études d’égyptologie et la pratique et l’enseignement de la boxe. Une vie traversée d’expériences, de chemins complexes et d’épreuves qui ont construit une personnalité riche et unique. Son dernier recueil revient sur la perte de sa nourrice, qui lui fut une mère de substitution et qui disparut quand il avait douze ans.

 

Jean-Yves Tayac


À qui parlerais-je aujourd’hui ?

Toi
les murmures de la rivière
te parlent dans la nuit

Moi
te parler
je ne le peux plus

Les feuilles d’arbre aussi te parlent
comme te parlent aussi les herbes effilées
courbées sous le vent de l’été
dans leurs longs sifflements
de tendres violoncelles

Toi
les murmures de la rivière
te parlent sous la terre
Le vent aussi te parle

Moi
te parler
je ne le peux plus

Je recueille les confidences du vent
Retenues dans les cheveux du saule
qui frôlait tes épaules
quand nous longions la rive

Peut-être y seras-tu encore ?
Ou du moins ton empreinte
puisque tu y étais

In Le Chant du désespéré, © Phloème, 2025

 

Contribution de PPierre Kobel

23 juillet 2026

Un jour, un texte : Chronique sétoise 2026 | Jour 4

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

Parfois aux paroles d’éclats qui clament la poésie haut et fort dans les rues, succède une voix douce. Ce fut le cas l’autre soir entre minuit et une heure sur le parvis de l’église Saint-Louis avec la parole de Marie Huot. Marie, que j’ai revue deux jours plus tard dans la chaleur d’un après-midi de canicule persistante. Je l’avais découverte dans ce festival en 2010 lors de sa première édition sétoise, je la retrouve cette année. Elle n’a pas besoin d’une voix forte pour qu’elle porte.

Ce qu’elle écrit s’inscrit dans un champ précis. Elle s’attache à des thématiques, choisit une couleur pour chaque projet. Qu’elle parle d’amours, d’intime, de lieux ou de disparus, elle dit l’inquiétude d’être au monde et comment sa parole de poète peut répondre à « l’offense faite aux hommes et au monde ».

Parole de témoin qui questionne sa légitimité et son efficacité.

 

Marie Huot

 

Ciel énorme

Tout était vivant
Il fallait faire attention – disais-tu

Des abeilles en courses brèves
Butinaient tes cheveux

Les cœurs battants
Les herbes folles
La pampa la poussière l’éternité
Tout faisait nid en toi
En ta tête soucieuse

Quelle étrange proie étais-tu
Pour ce ciel énorme
Qui cherchait à tout reprendre

In Porque el alma prende fuego – Douze poèmes pour Lhasa, © Atelier du hanneton, 2025

 

Contribution de PPierre Kobel

22 juillet 2026

Un jour, un texte : Chronique sétoise 2026 | Jour 3

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

De jour en jour, qu’écrire qui dit plus que la veille, plus que les années précédentes ? Je suis sur la place du Pouffre, rebaptisée place du livre. C’est aussi la place de la mairie et les vieux natifs de Sète s’insurgent de ces dénominations, eux qui l’appellent encore « la placette ».

La journée s’éveille, Roula Safar, qui accompagne le festival de puis 21 ans avec son instrumentarium, chante sur la scène, alternant poèmes d’aujourd’hui et d’autres plus anciens, morceaux classiques, parfois venus des pourtours de la Méditerranée.

Quand trop d’intervenants, poètes et animateurs, se paient de mots pour une gloriole illusoire et inutile, au fil des heures, j’ai assisté à quelques séquences dont la teneur donne tout son sens à ce genre de manifestations.

Ce fut le cas avant-hier quand les complices de longue date que sont Robert Lobet et Bruno Doucey ont échangé tandis que le premier peignait en direct durant la lecture que faisait l’autre de son recueil Glaciers qui dit l’actualité dramatique de notre planète que nous mesurons tous désormais.

Ce fut le cas hier, quand le poète belge Aurélien Dony et son éditrice Ariane Lefauconnier nous ont expliqué avec autant de simplicité et d’humour que de savoir, comment s’élabore un recueil, quels échanges entre eux donnent à la matière première des textes, la forme d’un livre et ses respirations. Aurélien, qui a des talents de bateleur, fait ici des performances qui dynamisent les scènes où il se produit et leur public. En amont de cela, son écriture résonne de problématiques intimes et sociales à la fois. Son recueil Désir dingue dit l’amour, le sexe, le désir dans leurs variantes et leurs turbulences. Entre apostrophes denses et paroles lentes qui plongent au-dedans du lecteur.

 

Aurélien Dony


Désir dingue (extrait)

Les mots-désir c’est tout nouveau ça me remue dedans je dis bouillir mon sang mais ça c’est quelque chose de l’ordre du bouillonnement à l’intérieur. Ça leur chauffe à l’intérieur des veines et parfois je me dis les mots-désir un risque d’évaporation.

Les mots-désir j’apprends c’est plonger quelque part où nous n’avons pas pied. En ce qui me concerne les mots-désir c’est prendre le risque du ridicule c’est parler de son corps son corps à soi le sien c’est le mettre son corps au milieu du langage c’est parler par le corps. C’est parler par le corps déployer par un réseau de poils de rides et de cheveux par un delta de veines une carte de plis des mots mis bout à bout pour dire la façon dont mon ventre la façon dont mon sexe la façon dont mes mains ne tiennent plus en place à penser à ses seins à son ventre à son sexe à sa manière de me regarder quand je suis nu.

C’est se passer du cœur et commencer par dire

le corps peut écrire par lui-même.

In Désir dingue, © Bruno Doucey, 2026

 

Contribution de PPierre Kobel

20 juillet 2026

Un jour, un texte : Chronique sétoise 2026 | Jour 2

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

Parfois la poésie se dit sans les mots. Je veux dire sans les mots tels que nous les pratiquons. Et c’est alors que la langue des signes prend la relève pour ouvrir l’échange avec les poètes sourds. Depuis des années, le festival Voix Vives s’est ouvert à ces poètes, à leur langue. Avec leurs amis bénévoles, qui font passerelle avec nous, ils disent leurs textes qui relèvent souvent d’une singulière créativité. En voici un exemple.

 

Djenebou Bathily

 

La maison et la nature

La maison a été construite en pierres,
ma foi est inébranlable.

Sous mes pas, les planches en bois vibrent,
un bal d’amour où la famille m’enlace dans ses bras.

Les murs m’offrent leur protection,
les plantes m’apportent leur respiration.

La porte est ouverte au vent,
dehors, l’arbre est tout nu,
face au ciel suspendu.
Si le terreau noir me fait de l’angoisse,
je le creuse pour lâcher prise.

Aux branches, les fleurs tiennent bon,
l’odeur alimentaire flotte dans l’air.

Les fruits mûrissent sous le soleil,
les compotes faites maison.

Les feuilles dansent,
elles transforment en peinture,
les tableaux représentent les paysages :
la montagne qui m’encourage à louer,
la mer qui nettoie mes pensées impures
et la forêt qui me remonte le moral.

La maison est intérieure et la nature est extérieure.

In Voix Vives – Anthologie Sète 2026, © Bruno Doucey, 2026

 

Contribution de PPierre Kobel

19 juillet 2026

Un jour, un texte : Chronique sétoise 2026 | Jour 1

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

Le festival Voix Vives revendique sa 29édition et, pour ma part, j’y viens depuis 2010, à l’exception de deux années. C’est dire combien ces lieux, ces rues, ces places me sont familiers. Chaque année je retrouve mes amis, mes connaissances, leurs publications, cette atmosphère de je ne sais quoi qui dit que la poésie ne sert à rien et qu’elle est indispensable. « Écrire pour quelque chose, écrire pour quelqu’un, écrire pour rien. » disait hier le poète franco-irakien Salah Al Hamdani.

Le festival traduit le manque de moyens de la culture contemporaine et les baisses drastiques de subventions de la part de toutes les institutions publiques. C’est à croire que nous ne sortirons plus de cette spirale qui avale les énergies et les projets. Restent les mots pour dire l’espoir, reste l’utopie de la poésie pour dire un monde à venir. Au risque de se répéter…

 

Salah Al Hamdani


Feuille vive

Dans la fébrilité de la nuit
il m’arrive quelquefois de me tenir au milieu de la page
pour te voir ramasser les étoiles échouées sur l’autre rive

Et je me souviens de ces jeunes palmiers
à la recherche de l’ombre
qui frôlaient la cohue du soleil dans ma tête

Cette fois je retrouve dans ma cachette
des chars sans soldats
la robe de ta grand-mère
et l’arrêt du bus à la sortie de la ville

Il m’arrive quelquefois de trimbaler ton poème
ainsi que le ciel noir de ce dépaysement et l’imprévu banal

Il m’arrive aussi de crier dans ce torrent
pour entendre ta voix dans le sillon des jours
et les cloches s’assemblent en un collier pour des cigognes
écho de ton désir gravé loin dans ma chair

D’un ébranlement à l’autre
d’une guerre à l’autre
toujours toi
l’improbable feuille vive.

In Feuille vive, © Al Manar, 2026

 

Contribution de PPierre Kobel

3 juillet 2026

Un jour, un texte : Levent Beskardès | Je suis clown…

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 


 

Levent Beskardès

 

Je suis clown
je suis sourd
je ne porte pas de masque
Pourquoi ?
je suis sourd profond
je ne parle pas
je n'oralise pas
je garde la bouche fermée
c'est simple

Je mets un nez de clown
Pourquoi ?
Covid se répand partout
avec mon nez de clown
je me protège
je suis tranquille

Si je porte un masque
c'est que je suis entendant
non non non
non non non

In Signe-moi que tu m’aimes, © Bruno Doucey, 2024

 

Internet

 

Contribution de PPierre Kobel

30 juin 2026

Un jour, un texte : Alice Mendelson | De passage

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

Alice Mendelson


De passage

Avec amour, j'ai fait l'amour à ton visage
À ton regard solaire,
Aux tempes qui m'attisent,
À tes cheveux...
Dans un élan qui trouve prise, qui prend corps,
De toi enfin venu que je pouvais toucher,
– Mémorable en son domaine, –
De toi j'ai reçu le baptême.
La joie vaporisait mes mains,
Gonflait ma bouche d'une brise enfin levée.
Avec amour, j'ai fait l'amour à chaque pore,
À chaque enclos secret de toi,
Du fond des jambes,
Du fond des bras,
De cette attente, calme plat, où tu n'approchais pas,
Du fond d'un rêve enfin sculpté
Et partageable,
À toi, en mon domaine bien venu
J'ai trouvé joie,
Eau bonne à boire à si grand soif,
Maîtresse bûche pour mes fagots,
Madrier pour mon faîtage,
Calendrier pour mes images
Brûle-parfum de chair bêchée.
Imprévu, provisoire,
Inespéré privilège d'un soir
Qui sait
De quoi vit une histoire ?

 

In L’érotisme de vivre, © Points, 2025

 

Internet

 

Contribution de PPierre Kobel

28 juin 2026

Un jour, un texte : Jean-Louis Guitard | La maison de l'italienne

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

Jean-Louis Guitard


La maison de l’Italienne

La maison de l’Italienne

tendait ses tuiles romaines

sous le soleil de la Méditerranée,

près des vieux pointus

qui glissent

sur le bleu des vagues lisses

et dans la chaleur d’un éternel été.

La maison de l’Italienne

était celle d’une reine

dont le seul royaume était la pauvreté…

une pauvreté tranquille,

fataliste

et immobile,

qui ne faisait qu’un avec l’éternité.

Dans la cour

un peu jardin,

sous un abri en fouillis,

traînaient des cageots, des cabanes

à lapins,

à côté d’un vieux vélo,

de quelques plants de tomates,

et du fil à linge

tendu dans un coin.

La maison de l’Italienne

entrebâillait ses persiennes

sur une espèce de chemin empierré.

Une ancienne cloche en vrille

était pendue à la grille

entre la façade et un petit muret.

La maison de l’Italienne

exhalait ses jours de peine et de bonheur,

à jamais entremêlés

autour de la cafetière,

de l’évier carré en pierre,

de la table,

des chaises

et du gros buffet.

Son mari était, je crois,

soit manœuvre soit maçon…

Il jouait aussi un peu d’harmonica.

Ses deux fils couraient les filles,

comme on peut courir les filles

quand on court les filles

en ne pensant qu’à ça.

La maison de l’Italienne,

mi-païenne – mi-chrétienne,

s’ouvrait à qui poussait sa porte d’entrée.

Passant,

même à la sauvette, on y trouvait une

assiette,

du pain, du fromage, un verre de café.

Impalpable et incertain,

le cours des heures était plein des chansons

que la radio versait sans fin,

et plein aussi des fous rires,

des coups de gueule en délire

qui s’y bousculaient dès le petit matin.

La maison de l’Italienne

laissait passer les semaines.

Elle restait inconnue.

Insoupçonnée.

Jusqu’à ce qu’elle devienne,

sous les coups du temps qui traîne,

un fantôme riant et désespéré.

La maison de l’Italienne

dans l’air du ciel pur

égrène la petite farandole des destins…

Les destins remplis d’histoires

anodines,

dérisoires,

de quelques adultes

et de quelques gamins

 

In L’éternel été, © unicité, 2018

 

Internet

 

Contribution de PPierre Kobel

26 juin 2026

Un jour, un texte : Kathleen Jamie | Lande

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

Kathleen Jamie

Lande

Que perçoit-on sur la lande sinon un peuple d'ombres,
ombres de cerfs, voire ombres de loups ?
Le chemin lui-même est une ombre, presque effacée
sous la brande et la tormentille jaune: fleurs d'un été,
à peine épanouies elles se muent en souvenirs,
se léguant elles-mêmes...

La lande en été est un songe de tous les étés précédents.
La linaigrette, la fritillaire verte, le droséra attrape
-mouche... tout comme le chant des alouettes,

tous semblent neufs.

Ils sont neufs ! D'une nouveauté chaque fois renouvelée.

Nous faisons sortir le passé de la terre et portons la terre
vers l'avenir, mais il s'agit toujours de la terre, contestée,
exploitée et chérie. (Les éoliennes, plantations, sites
d'essais de missiles.) Nous sommes une présence fugace
à la surface de la terre, filets de lumière flottant sur des
collines lointaines, ombres de nuages. Nous devenons des
fantômes indécis.

In Cairn, © La Baconière, 2025 – Traduction de l’anglais par Ghislain Bareau

 

Internet

Contribution de PPierre Kobel

23 juin 2026

Un jour, un texte : Jean-Louis Clarac | Ma concertante au jardin

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

Jean-Louis Clarac

Ma concertante au jardin

Au plus vif du verger
dans l'échancrure de la lumière
foisonnent les feux matinaux

Floraisons du pommier et du poirier
nébuleuses frondaisons
neiges végétales
en écho à la neige hivernale

Merveilles du printemps
aux blancheurs aiguës et veloutées

À l'affü de ta présence
le regard aiguise son acuité
moment troublant du quotidien
quand le paysage familier
se métamorphose dans l'invention de lui-même


Au point de basculement
le bourdon égrène sa balourdise
sur les tiges naissantes
fil rompu du silence tissant
l'ordonnance du jardin libérant
les sucres des iris

Toi mon amour tu es le lien
entre plantes et fleurs arbres et graines
la raison d'être du verger
son vertige aussi

Tout demeure dans la promesse du passage
dans le va-et-vient incessant
du silence à la matière
dans cet espace odorant où l’infini se recueille
tu es la respiration du poème
la promesse de vers futurs

ma concertante au jardin

In Une ardeur terrienne, © Le petit véhicule, 2018

 

Internet

 

Contribution de PPierre Kobel

21 juin 2026

Un jour, un texte : Marie Rouanet | Pour la Saint-Jean d’été…

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

Marie Rouanet

 

Pour la Saint-Jean d’été, quand laplus bève des nuits de l’année est obscure, le jardinier levé avec le jour peut trouver la porte solsticiale qui permet d’accéder sous terre au monde des morts.

Plus fine qu’un cheveu, plus fine que le fil de la vierge est la voie qui permet d’accéder au Paradis.

Le jardinier cherche ce chemin dans le réseau des lignes qui l’entourent.

In Tout jardin est Éden, © Albin Michel, 2010

 

Internet

 

Contribution de PPierre Kobel

19 juin 2026

Un jour, un texte : Mosab Abu Toha | Le mur et l’horloge

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 


 

Mosab Abu Toha

Le mur et l’horloge

Il y a là toujours cette horloge au mur.
Chaque fois que j’entre dans ma chambre,
elle m’intrigue,
j’ai envie de la décrocher, de voir
l’autre face de son visage.
Je voudrais voir comme elle a vieilli.
Mon père l’a achetée quand j’étais en fant.
Je voudrais compter ses dents
pour connaître son âge.

Mais l’horloge ne vieillit pas.
Les chiffres ne changent jamais.
Moi seul, je change.

Et puis il y a le fauteuil à bascule,
je suis assis dedans, seul
dans la pièce, je me balance sans arrêt,
je ne fais rien
qu’imaginer le mur criant à l’horloge,
« Arrête ton tic-tac ! Tu me casses les oreilles. »

Je regarde les fissures dans la peinture du mur.
Il y a plus que le bruit de l’horloge.
Les trous d’obus me dévisagent
chaque fois que j’entre dans la pièce.

(L’horloge n’a pas été blessée dans cette attaque.)

J’enlève à la hâte les piles de l’horloge
et je lui murmure :
je t’emmène chez le médecin,
même si tu n’es pas la seule à être malade.

La peinture ne s’écaille plus.

J’emmène l’horloge chez l’horloger
et je lui demande de la rendre muette.
Il lui retire les cordes vocales
et lui recouds la bouche.
Je n’ai pas pu voir les dents de l’horloge,
je n’ai pas demandé au docteur.

À la maison, je remets les piles.
L’horloge recommence à marcher sans bruit.
Le silence de la pièce grandit.
Je retourne m’installer dans mon fauteuil,
je lis des poèmes à voix haute
pour rompre les fils du silence
qui pendent du plafond.

La nuit, une brise glaciale s’introduit par les trous du mur.
Je déchire les pages que j’ai fini de lire,
je m’en sers pour boucher toutes ces petites fenêtres,
des fenêtres sans forme et sans vitre.

Le lendemain, j’arrive au travail avec deux heures de retard.
L’horloge, après son « traitement », était déréglée.
Elle m’aurait certainement prévenbu
si elle avait pu parler.

J’essaie de mettre l’horloge à l’heure,
mais le chiffre 4 tombe de son visage.

Comme si elle avait perdu une dent de devant.

Quatre jours plus tard,
mon frère Hudayfah
meurt.

In Ce que vous trouverez caché dans mon oreille, © Pocket, 2024 – Traduction de l’anglais (Palestine) par Ève de Dampierre-Noiray

 

Internet

 

Contribution de PPierre Kobel

16 juin 2026

Un jour, un texte : Anne Sexton | La férocité de la féminité

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.


 

 

Anne Sexton


La férocité de la féminité

Je tournoie,

je tournoie sur les lévres,

ils retirent mon ombre,

le fantôme de mon passé,

ils ont inventé un calendrier de langues

qui accapare toute mon attention.

Là où il n'y a pas de chambre.

Pas de lit.

L’horloge ne fait pas tic-tac

sauf quand elle vibre au rythme de mes 4000 battements,

et là où tout était absent,

tout est deux,

se touchant comme un chœur de papillons,

et comme l'océan,

poussant vers la terre

et reculant

et poussant

avec un besoin qui galope

sur toute ma peau,

hurlant sur les récifs.

 

Je détricote.

Des mots s'envolent en tous sens

et moi, loin dans le désert,

je bois et bois

et baisse poliment la tête face à cette prairie,

ce sein, ce melon dedans,

et puis sa fleur enivrante.

Nos mains qui se caressent,

les tétons comme des étoiles de mer –

nos lèvres s'aspirant au sein d'anneaux insensés

jusqu'à ce qu'elles se changent en bulles,

nos doigts aussi nus que des pétales

et le monde qui palpite sur une balançoire

Je soulève mon pelvis vers Dieu

pour qu'il connaisse la vérité

des fleurs qui traversent avec peine le long hiver.

In Lettre d’amour écrite dans un immeuble en feu, © des femmes, 2026 – Traduction de Sabine Huynh

 

Internet

 

Contribution de PPierre Kobel

14 juin 2026

Un jour, un texte : Bernard Manciet | Soleil durable soleil arrété…

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

Bernard Manciet

 

Soleil durable soleil arrêté soleil du monde arrêté dans

ton immobilité rayonnante soleil au ralenti dans son maximum

toi qui viens par lenteur dépasser la lumière qui t’a précédé

toi qui la surpasses dans une sorte gênante de noir vaste

toi qui ralentis à mort le jour qui ralentis à néant

toi qui d’un cœur ardent et las installes ton désordre

et te désunites vers une immuable inefficacité soleil

te réveilleras-tu ! toi qui contemples l’immensité de ton mal

sur l’univers et la maladie de la souffrance ardente

de l’univers et l’univers du mal quelle faute

sinon humaine a pu désordonner les vastes choses

qui sait qui sait si toutes ces flammes mystérieuses si tout

mystère n’est pas incompréhensible d’un semblable désamour

d’un remords car c’est la même chose amère

il manque donc quelque chose à ce ciel à ce foisonnement ?

ou bien tout entier se manque-t-il toujours plus à soi-même ?

In La Tentation de saint Antoine, © L’herbe qui tremble, 2025

 

Internet

 

Contribution de PPierre Kobel

12 juin 2026

Un jour, un texte : Forough Farrokhzâd | Péché

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

Forough Farrokhzâd


Péché

J’ai pêché oui j’ai péché – jouissance inouïe
Dans des bras de feu, enflammés
J’ai pêché oui j’ai péché dans des bras de fer brûlants
Qui me cherchaient, rancuniers

 

Dans ce lieu solitaire, sombre et silencieux
J’ai regardé ses yeux débordants de secrets
Dans ma poitrine, mon cœur impatient a tremblé
Des désirs suppliants de ses yeux

 

Dans ce lieu solitaire, sombre et silencieux
Je me posais troublée à ses côtés
Ses lèvres sur mes lèvres ont versé le désir
Du poids de mon cœur fou je me suis libérée

 

J’ai chanté à son oreille, le récit de l’amour :
Je te veux toi mon bien-aimé
Je te veux, toi dont l’étreinte m’a vivifiée
Toi, mon amoureux fou

 

Dans ses yeux le désir s’est enflammé
Et dans la coupe le vin rouge a dansé
Dans la douceur du lit mon corps
Sur son corps, ivre de volupté, a tremblé

 

J’ai pêché oui j’ai péché – jouissance inouïe
contre un corps tremblant et ravi à la conscience
Ô mon Dieu, que sais-je de ce que j’ai fait
Dans ce lieu solitaire, sombre et silencieux

 

In J’irai jusqu’au rivage du soleil, © Poésie/Gallimard, 2026

 

Internet

 

Contribution de PPierre Kobel

9 juin 2026

Un jour, un texte : Bruno Sourdin | Janis à la fenêtre

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

Bruno Sourdin


Janis à la fenêtre

Janis à la fenêtre
Janis au milieu du vacarme
Janis dans le jardin
Janis et Peggy sous le porche à six heures du soir
Janis devant sa glace
Janis haussant les épaules
Janis allongée sur le lit
Janis veillant jusqu'à l'aube
Le mantra de Janis
Janis repartant de zéro
Janis sur la passerelle d'embarquement
Janis l'air interloqué
Janis débouchant une bouteille de vin
Janis le sourire aux lèvres
Janis s’
ébatant dans l'eau
Janis nue descendant l'escalier
Janis l'air si las
Les mains vide
s de Janis
Janis devant la porte de la chambre 105

In Diérèse 94, automne 2025

 

Internet

 

Contribution de PPierre Kobel

7 juin 2026

Chronique du Marché de la Poésie 2026 | Jour 6

 

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

Fermez le ban ! Une nouvelle édition de ce Marché qui se termine. Un élément toujours fondamental de cette manifestation est la météo. Malgré quelques averses, elle fut globalement favorable. Qu’écrire après ces quelques jours qui ne serait pas une redite des chroniques précédentes ? J’ai le profond sentiment que ce que nous écrivons nous dépasse et se situe au-delà de notre humanité. La poésie nous habite, nous rend-elle meilleurs ? L’essentiel est ce qu’elle diffuse, dans toute la palette de ses expressions, pour aller à l’avant du monde. Ainsi l’écrit Carole Carcillo Mesrobian :

 

« Sur tes lèvres recluse
mes miettes de paroles
décomposées
empreintes l’aruspice incantatoire des clôtures
pour démesurer ta trace
liège
ta langue
pourfendue

J’essaie ta bouche pour aviner la source
éclore
une corolle mystique
grenat massive
qui sait
une autre tentative
après la ruelle borgne des joutes
dis-moi
est-ce renaître
est-ce ceci de su
glisser le trait
comme on endure l’afflux
des fumées désertiques des accomplissements
le poème »

 

In Octobre – © PhB éditions, 2020

 

Contribution de PPierre Kobel

6 juin 2026

Chronique du Marché de la Poésie 2026 | Jours 4 & 5

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

J’y reviens toujours quand j’évoque des manifestations comme ce Marché de la Poésie ou des festivals à l’instar de celui que je retrouverai encore à Sète en juillet prochain, ce sont aussi des lieux de rencontres incongrues comme si la poésie se devait pour certains de se montrer dans des atours, des postures les plus originales qui soient. On se borne parfois à en rire, quelquefois à se laisser surprendre, toujours à se plaire à cette diversité qui accompagne un art des mots dont on ne dira jamais assez la nécessaire prégnance dans un monde bouleversant. Alors que je m’indigne souvent des prosélytismes religieux, idéologiques, des objurgations des réseaux sociaux, je ne cesserai jamais de redire combien la puissance des mots de la poésie aide à vivre.

À me promener chaque jour dans les allées de Saint-Sulpice, je retrouve des amis, des connaissances dont je lis et j’aime les textes, je croise des noms illustres que je n’ose aborder alors que leurs recueils m’accompagnent pour certains depuis des années. Mais je m’étonne toujours de lire sur les tables des stands, des dizaines de noms d’auteurs qui me sont totalement inconnus, me désolant de ne pouvoir appréhender cet ensemble, de ne pouvoir échanger plus.

Au détour d’une signature, je retrouve mon amie Françoise Ascal, cette grande dame de la poésie qui écrit dans son nouvel opus :

 

« se tenir assis dans l’oubli
tel est le conseil
du vieux Tchouang Tseu

j’accepte l’invitation
tente l’amnésie
le sans-poids
la lévitation

crâne vidé
du son « je »

à moi le vol d’une libellule
la placicidé du crapaud
l’anonymat d’une mite »

 

In Un ailleurs dans l’ici – © L’Herbe qui tremble, 2026

 

 

Contribution de PPierre Kobel

4 juin 2026

Chronique du Marché de la Poésie 2026 | Jour 3

La poésie « est au-dessus des règles et de la raison.
Elle ne pratique point notre jugement ; elle ravit et ravage. »

Montaigne


Un texte pour dire la poésie,
voyager dans les mots, écrire les espaces,
dire cette « parole urgente », cette parole lente, s
a liberté dissidente.
Pour se laisser ravir et ravager.

 

 

 

Si la poésie a une place centrale dans mon existence, je ne lui accorde aucune vertu thérapeutique. Elle aide à vivre, certes, mais nous ne pouvons en cultiver le jardin sans nous préoccuper du monde tout entier. Croire que la poésie est protectrice en se détournant de l’actualité, c’est se faire rattraper inévitablement par elle. On connait la phrase : « Si tu ne t’occupes pas de politique, la politique s’occupera de toi. » Cela vaut pour la poésie et si, dans les allées de Saint-Sulpice, j’apprécie l’amitié que je rencontre, que je partage avec beaucoup, je voudrais que nous n’oubliions jamais de laisser les portes ouvertes au monde pour lui faire face et participer de son devenir.

Je reçois des mains de mon ami Daniel Martinez, le nouveau numéro de la revue Diérèse qu’il construit avec persévérance. Et j’y trouve, citée par Bruno Sourdin, ce petit texte de la Coréenne Han Kang qui fut prix Nobel de littérature en 2024 :

 

« À présent
Qu’esr-ce donc que vivre

Je restais couchée avec cette question
Lorsqu’un rayon de soleil s’est posé
Sur mon visage

Jusqu’au moment où la lumière s’en est allée
Je suis restée les yeux fermés
Le cœur apaisé »

 

Et c’est là que la poésie se fait plénitude quand elle nous aide à traverser le miroir

 

 

Contribution de PPierre Kobel

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